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Vers une pragmatique théorique basée sur la ludique et les continuations

(fr)

Le projet PRELUDE est financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), sur le programme ANR-Blanc. Quatre équipes y collaborent :

  • Logique de la Programmation, une équipe de recherche de l’Institut de Mathématiques de Luminy, UMR 6206 du CNRS, qui porte son étude sur la logique mathématique, la théorie de la démonstration et la théorie du calcul.
  • Calligramme, une équipe du centre de recherche INRIA, au LORIA de Nancy, dont le thème de recherche est l’utilisation de la logique linéaire et en particulier des réseaux de démonstration dans la modélisation des structures linguistiques.
  • SIGNES, une équipe du centre de recherche INRIA, au Laboratoire Bordelais de Recherche en Informatique, qui vise à  réaliser et à  articuler les modèles et les algorithmes correspondant aux différents niveaux d’étude et de traitement informatique de la langue, l’accent étant porté sur l’interface entre syntaxe et sémantique.
  • Structures Formelles du Langage, une équipe de l’Université de Paris VIII, dont les axes de recherche sont le développement d’une théorie minimaliste de la syntaxe et de la morphologie, les langues et la grammaire, l’acquisition des langues, la poétique et la métrique comparée.

L’objectif principal de PRELUDE est de développer une pragmatique de la théorie basée sur la ludique et les continuations.


Locativité et Interaction en Logique, Linguistique et Informatique

(fr)

Le projet LOCI s’organise autour de trois axes d’étude :

  • Enoncé, lexique et dialogue
  • Apprentissage et Interaction sociale
  • Communication Web et Ontologies

Le point commun à  ces trois axes est la volonté de les traiter sous l’égide de trois concepts mis en avant dans l’approche ludique : Locativité, Procéduralité et Normativité.

Ces trois concepts sont particulièrement opérants dans le domaine de la vie des signes, qu’il s’agisse de la linguistique au sens classique, ou qu’il s’agisse de domaines plus vastes et peut-àªtre encore insuffisamment connus comme les langages gestuels et la pragmatique (dialogues, actes de langage, règles sociales s’exprimant au travers du langage), voire des domaines connexes comme la communication web ou la théorie de l’argumentation. Ils seront mis à  contribution à  propos des trois axes de la manière suivante :

  • Enoncé, lexique, dialogue En remplaçant preuve par dess(e)in, l’approche ludique permet de bien mettre en évidence d’une part le processus de preuve lui-màªme et d’autre part le locus de la preuve, c’est-à -dire le lieu o๠elle s’enracine. En imaginant un réseau dense de lieux (une sorte de tissage), éventuellement occupant plusieurs dimensions (temporelles, spatiales, scripturales), on peut concevoir que certaines preuves, associées à  des propositions, aient leur foyer en certains loci et mobilisent, par transfert, des preuves qui ont, originellement, leur foyer en d’autres lieux. Un énoncé a alors pour contenu sémantique un ensemble de desseins associés à  des lieux, lesquels sont identifiables par les interactions qu’ils ont avec d’autres desseins (comme on a tenté de le montrer déjà  dans le cadre du projet Prelude (cf. Lecomte & Quatrini, 09, Lecomte & Quatrini, à  paraitre). Il s’agira dans ce nouveau projet d’affiner cette conception en montrant qu’on peut y intégrer des descriptions des dimensions temporelles, aspectuelles et modales des énoncés (en particulier quant aux modalités épistémiques). On tentera également de revoir les concepts en usage dans les théories du discours classiques, comme la SDRT (N. Asher et al.) et de viser à  articuler ces derniers autour de structures élémentaires de l’interaction, en tentant de faire l’économie du concept d’intention.
  • Apprentissage et Interaction Sociale Pour ce qui concerne l’apprentissage de la langue des signes, nous aurons accès à  des séquences vidéo montrant comment un signant d’une langue des signes particulière acquiert les signes d’une autre langue. Les premiers travaux de S. Tronçon, qui utilisent un programme qu’il a élaboré permettant d’enregistrer et analyser les traces de ce genre de dialogues ont déjà  permis, sur des simulations, de montrer des chemins, des chréodes dans un espace de possibles qui représentent des stratégies d’apprentissage mises en oeuvre par les apprenants. Résultat / produit escompté : des programmes permettent d’enregistrer et de synthétiser des interactions entre signants autour de l’acquisition d’une langue des signes particulière, qu’on pourra mettre à  l’épreuve d’un corpus recueilli par l’équipe de langue des signes de Paris 8 (corpus réuni par Fanny Macé, doctorante)
  • Gestion du dialogue La recherche s’orientera vers les structures élémentaires de l’interaction. L’hypothèse est que le dialogue et l’interaction sociale sont guidés par de telles structures, où l’on peut retrouver les «comportements élémentaires » de J-Y. Girard. Cette hypothèse est complétée par celle de Pierre Livet concernant la production d’actes de parole en tant que réactions à  des pannes passées (excuse) ou prévisibles (ordre, demande, promesse). Certains jeux de langage comme la sollicitation seront également étudiés à  partir de corpus. Un corpus sera recueilli en milieu de formation (association «Résurgences » spécialisée dans les processus d’insertion et de réinsertion). Résultat escompté : des descriptions précises de corpus et la mise au point de techniques d’analyse des interactions sociales.
  • Communication Web et Ontologies Nous chercherons comment, autant pour les ontologies requises pour le web que pour les langages de programmation pour le web, l’approche dialogique est à  l’oeuvre en offrant une modélisation plus apte à  rendre compte de tous les phénomènes. Nous confronterons par ailleurs les modèles obtenus à  ceux développés en linguistique et dans le cadre des interactions sociales. Il nous semble en effet que le web est un lieu idéal dans la mesure où il intègre naturellement le langage (comme moyen d’expression), la vie sociale (étant d’abord un lieu d’échanges entre personnes), et la machine (tant comme intermédiaire que comme artefact). Nous proposerons un cadre théorique adapté à  la fois au web social et au web sémantique. Pour ce faire, la sémantique que nous considèrerons n’est pas fondée sur la théorie des ensembles, mais prend appui sur les données elles-màªmes, seul moyen de reconsidérer positivement le web social. Le cadre géométrique fourni par la logique linéaire permet d’envisager concrètement cette approche. Dans (Abrusci et al. à  paraitre), nous avons considéré un modèle spécifique d’espace cohérent dans lequel la relation de cohérence est défini explicitement par les relations fournies par les descriptions locales. Si le cadre des espaces cohérents permet de poser les principes d’une description interactive, il ne permet pas de rendre compte des localisations de ces descriptions. Nous proposons d’aborder plus directement l’ensemble des phénomènes au travers de la ludique et d’expliciter les opérations nécessaires. Résultat / produit escompté : la modélisation et le maquettage d’outils visant à  produire des ontologies à  partir du web. La modélisation et le maquettage de nouveaux outils pour la programmation web.

Le projet LOCI est financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), sur le programme ANR-Blanc. Six équipes y collaborent :

  • le laboratoire ’Structures Formelles du Langage" de l’Université de Paris VIII,
  • l’Institut de Mathématiques de Luminy (Aix-Marseille Université)
  • le Laboratoire d’Informatique de Paris-Nord
  • le Laboratoire Bordelais de Recherche en Informatique, équipe SIGNES,
  • l’Université Queen Mary de Londres,
  • Résurgences, recherche et action en sciences sociales

Samuel Tronçon - 2014